Hirustica

Hirustica

Le label des musiciens voyageurs
Jean-Luc Thomas & Gaby Kerdoncuff

Fawaz Baker

Distribution

Fawaz Baker – oud, chant
Samir Homsi – percussions, chant
Khalil Guerrow – violon, chant

 

Spectacle

Depuis toujours, Fawaz Baker est habité par l’immense défi de marier des musiques de contrées éloignées, avec l’idée d’inventer de nouveaux sentiments et de créer une nouvelle mémoire. Il a réécrit neuf chants qui épousent les neuf modes de musique arabe aux couleurs tellement subtiles. Ces mélodies richement ornementées nous parlent de lunes, de gazelles, de l’ivresse du vin ou encore de jardins. Avec ses complices musiciens, il a savamment brouillé les cartes entre oud et clavier, contrebasse et quanun. Un peu oriental, un peu andalou, le résultat sonne comme une promesse inattendue.

Derrière les remparts de la ville historique d’Alep, des mélodies millénaires résonnent depuis la nuit des temps, dans les églises, les mosquées et les cafés ; dans les cours et les terrasses des immeubles en pierre de taille. Ces airs se sont transmis de génération en génération, d’un cœur à l’autre et d’un musicien à un autre, en arabe, syriaque, arménien, turc ou kurde, armés uniquement de leur beauté pour se défendre face à l’oubli. La musique aleppine, creuset de confessions et de cultures multiples, se distingue par son ouverture, sa tolérance et sa spiritualité, fidèle à sa ville d’origine, rarement capitale et jamais sainte.

Khalil Guerrow est multi-instrumentiste, formé au conservatoire d’Alep d’où il est originaire, il a suivi le cursus de musique classique occidentale et jouait dans l’orchestre de chambre. Ce trentenaire, ingénieur géomètre de formation, est un compositeur arrangeur très actif sur la scène musicale orientale de Paris où il réside depuis deux années.

Samir Homsi percussionniste syrien de talent, vivant à Paris. Il a étudié la musique arabe et les instruments de Oud et percussions dans son pays d’origine. Il a participé à de nombreux festivals en France, Belgique, Espagne, Algérie et Maroc. Samir a joué avec la chanteuse Sapho, Ibrahim Maalouf, le violoniste Safwan Kenani, le chanteur palestinien Moneim Adwan ou encore la troupe Alquds. Du Tablas au Djembé en passant par le kanun, bandir, rek et bongo : ce qui étonne en passant en revue les instruments dont il a la maîtrise, c’est l’extrême richesse et la diversité des percussions qui enrichissent les formations auxquelles il participe.

Fawaz Baker est artiste associé au Quartz à Brest de 2017 à 2020.

Écouter/voir

On se laisse volontiers porter par les couleurs, par les notes, les harmonies, les silences… On se laisse charmer par l’humilité et la modestie du musicien et, plus encore, par la magie de l’instant. On se trouve bien là au carrefour des cultures et des émotions. « Peu importe d’où l’on vient, l’essentiel c’est là où l’on va» glisse entre deux morceaux, Fawaz Baker. Vrai! il nous a entrainé vraiment loin? on en redemande

OUEST FRANCE – 7 décembre 2017

 

Avec Fawaz Baker, le pont entre architecture et musique est vite franchi. « une bonne architecture donne à la lumière, la place nécessaire pour se balader. Une bonne musique donne au silence l’espace nécessaire pour s’installer.» Lui qui osait l’usage du béton, du verre et de l’aluminium pour des constructions de style oriental tente d’imposer d’autres matériaux au sein de l’institution alépine. « J’ai voulu bousculer les certitudes, montrer aux adeptes de l’orthodixie qu’ils n’avaient pas le monopole de la création. Je suis allé jusqu’à inviter un groupe de rap dans l’enceinte du conservatoire. J’ai toujours pensé qu’une culture qui s’enferme finit par moisir»
Francis DORDOR – Les Inrockuptibles

« Faire rentrer une mélodie de Charlie Parker dans un camp de réfugiés syriens, au
Liban : désormais c’est possible avec Fawaz Baker. Un nom qui circule comme le lait sur le feu auprès de ses naufragés de la guerre… Alors ce Fawaz Baker, c’est qui ? D’abord c’est un amoureux de la terre, né en Syrie, exilé aujourd’hui sur les bords de Seine. Ensuite c’est un amoureux de la musique, note bleue ou quart de ton, c’est un multiinstrumentiste qui regarde le beau, quelle que soit la musique. Mais y a un petit souci dans ce portrait En Sol Majeur, c’est que Fawaz Baker n’aime pas trop se retourner sur ses vies antérieures : ancien architecte, ancien directeur du Conservatoire de musique d’Alep… il respecte l’antique, mais n’aime pas trop l’ancien. Pour lui qui a tout perdu, ce qui compte c’est de vivre ici et maintenant. Ici, en France, où il conciliabule avec les ménestrels bretons (voir son association avec le Quartz) et maintenant dans ces camps de réfugiés au Liban où trois écoles forgent l’esprit de ces enfants de la guerre, à reconnaître le beau dans une note de musique…

YASMINE CHOUAKI pour RFI écouter le podcast de l’émision ici 

Infos techniques

durée du set : 1h15
jauge : non limitée

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