Hirustica

Hirustica

Le label des musiciens voyageurs
Jean-Luc Thomas & Gaby Kerdoncuff

ENSEMBLE FAWAZ BAKER

Distribution

Fawaz Baker – oud, chant
Samir Homsi – percussions, chant
Helena Récalde – contrebasse, chant
Manon Courtin – guitare, chant

Spectacle

La chaîne de transmission continue d’un musicien à un autre et d’une âme à l’autre, reprenant des mélodies millénaires qu’on entendait jadis un peu partout dans la ville, dans les églises et les cafés ; dans les mosquées et sur les terrasses des immeubles en pierre de taille. Ces airs, en arabe, syriaque, arménien, turc ou kurde, se sont transmis de génération en génération, forts de leur beauté, comme unique arme contre l’oubli.

Leur dénominateur commun est, pour Fawaz Baker, leur constante innovation au sein d’une structure traditionnelle. La musique orientale offre en effet de grandes possibilités en termes de rythme, de mélodie et d’improvisation. Elle est ce qu’on nomme une musique modale : composée de phrases musicales, non de tons ou de notes, comme la plupart des compositions en Occident depuis le XVIIIe siècle. Le son oriental est fondé sur l’improvisation et la polyphonie ; liberté qui permet à deux mélodies d’évoluer en même temps au sein d’une architecture complexe, et autorise chaque musicien à interpréter et improviser.

Comment, alors, trouver l’équilibre entre musique écrite et improvisée, entre modal et tonal ? Le pari n’est pas aisé, mais illustre combien la musique – et l’art en général est apte à créer un dialogue entre des forces contradictoires, là où l’idéologie échoue.

Manon Courtin, guitariste et musicienne polyvalente, se produit dans plusieurs groupes entre Paris et Toulouse (Isiak, Helvète On the Ground). Sa formation initiale de guitariste jazz et ses goûts musicaux éclectiques l’amènent à creuser différents répertoires allant du jazz manouche et de la Nouvelle Orléans (Pigalle Swing, Dixaswing), en passant par les musiques traditionnelles d’Amérique latine (Cumbia Ya, la Guaguita). Elle développe une pratique multi-instrumentale (cuatro vénézuélien, tres cubain, basse, percussions, violoncelle) qui en font une richesse dans ses projets et pour ses compositions, notamment pour le théâtre (Compagnie du Peuple lié). Elle donne également des cours et encadre des ateliers pour personnes autistes avec l’association Irimi-Vivace.

Helena Récalde, bassiste, contrebassiste, guitariste, chanteuse, auteur et compositrice.  Equatorienne d’origine a été bercée par les rythmes afro-latins et les mélodies andines. Elle arrive en France en 2003, pour participer à différents projets où elle mêle la musique de ses origines au jazz et échange avec des musiciens internationaux ses compositions et arrangements. Son ouverture musicale et son goût pour l’improvisation lui permettent de voguer dans des univers éclectiques : jazz, folk, musique du monde, rock ou encore musique contemporaine. Elle mène plusieurs projets au Conservatoire d’Evry où elle enseigne depuis 2011.

Samir Homsi percussionniste syrien de talent, vivant à Paris. Il a étudié la musique arabe et les instruments de Oud et percussions dans son pays d’origine. Il a participé à de nombreux festivals en France, Belgique, Espagne, Algérie et Maroc. Samir a joué avec la chanteuse Sapho, Ibrahim Maalouf, le chanteur palestinien Moneim Adwan ou encore la troupe Alquds. Du Tablas au Djembé en passant par le kanun, bandir, rek et bongo : ce qui étonne en passant en revue les instruments dont il a la maîtrise, c’est l’extrême richesse et la diversité des percussions qui enrichissent les formations auxquelles il participe.

Fawaz Baker, musicien depuis toujours il fut architecte de profession avant de se consacrer exclusivement à la musique. Dessiner l’espace et le temps, accueillir le silence : la transition lui fut naturelle. De l’accordéon de son enfance en accompagnement du chant, au clavier puis à la contrebasse, il a exploré plusieurs univers (hard rock, jazz, blues) et consacré des années à l’étude de la musicologie et des influences multiples de la musique aleppine
(Ottomane, Iranienne, Arménienne, Indienne et d’Asie centrale, dont la tradition soufie). La guerre a finalement arraché ce joueur de Oud à sa ville et à tout ce qu’il avait construit, même s’il a tenu à rester longtemps solidaire de ses habitants : il a dirigé plusieurs années le Conservatoire de Musique d’Alep. Engagé, Fawaz Baker passe une grande partie de son temps dans les camps de réfugiés syriens au Liban pour transmettre aux enfants sa passion de la musique, et leur faire réapprendre le
silence, loin de la bruyante guerre.
Il est artiste associé au Quartz à Brest jusqu’en 2020

Écouter

 

On se laisse volontiers porter par les couleurs, par les notes, les harmonies, les silences… On se laisse charmer par l’humilité et la modestie du musicien et, plus encore, par la magie de l’instant. On se trouve bien là au carrefour des cultures et des émotions. « Peu importe d’où l’on vient, l’essentiel c’est là où l’on va» glisse entre deux morceaux, Fawaz Baker. Vrai! il nous a entrainé vraiment loin? on en redemande

OUEST FRANCE – 7 décembre 2017

 

Avec Fawaz Baker, le pont entre architecture et musique est vite franchi. « une bonne architecture donne à la lumière, la place nécessaire pour se balader. Une bonne musique donne au silence l’espace nécessaire pour s’installer.» Lui qui osait l’usage du béton, du verre et de l’aluminium pour des constructions de style oriental tente d’imposer d’autres matériaux au sein de l’institution alépine. « J’ai voulu bousculer les certitudes, montrer aux adeptes de l’orthodixie qu’ils n’avaient pas le monopole de la création. Je suis allé jusqu’à inviter un groupe de rap dans l’enceinte du conservatoire. J’ai toujours pensé qu’une culture qui s’enferme finit par moisir»
Francis DORDOR – Les Inrockuptibles

« Faire rentrer une mélodie de Charlie Parker dans un camp de réfugiés syriens, au
Liban : désormais c’est possible avec Fawaz Baker. Un nom qui circule comme le lait sur le feu auprès de ses naufragés de la guerre… Alors ce Fawaz Baker, c’est qui ? D’abord c’est un amoureux de la terre, né en Syrie, exilé aujourd’hui sur les bords de Seine. Ensuite c’est un amoureux de la musique, note bleue ou quart de ton, c’est un multiinstrumentiste qui regarde le beau, quelle que soit la musique. Mais y a un petit souci dans ce portrait En Sol Majeur, c’est que Fawaz Baker n’aime pas trop se retourner sur ses vies antérieures : ancien architecte, ancien directeur du Conservatoire de musique d’Alep… il respecte l’antique, mais n’aime pas trop l’ancien. Pour lui qui a tout perdu, ce qui compte c’est de vivre ici et maintenant. Ici, en France, où il conciliabule avec les ménestrels bretons (voir son association avec le Quartz) et maintenant dans ces camps de réfugiés au Liban où trois écoles forgent l’esprit de ces enfants de la guerre, à reconnaître le beau dans une note de musique…

YASMINE CHOUAKI pour RFI écouter le podcast de l’émision ici 

 

Infos techniques

durée du set : 1h15
jauge : non limitée

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